Les indices boursiers européens sont en nette baisse en ce jour de fête nationale. Malgré des volumes réduits, Paris recule de 0,81%, à 8 297 points, tandis que Londres et Francfort cèdent 0,55% chacun.
Les marchés sont plombés par les récents développements au Moyen-Orient et notamment par l'annonce de Donald Trump de la mise en place d'une taxe sur les navires transitant par Ormuz. Une taxe correspondant à... 20% de la valeur du fret transporté, rien que ça !
Les Etats-Unis avaient pourtant été les premiers à promettre qu'ils ne laisseraient pas Téhéran instaurer un péage dans le détroit et à s'arc bouter derrière l'idée de la libre circulation des biens, si chère à l'Amérique... mais tant pis pour la cohérence. Sans rougir, la Maison-Blanche a donc repris l'idée à son compte.
Il faut dire que le détroit est hautement stratégique : avant la guerre, il voyait transiter quelque 20% des flux mondiaux d'hydrocarbures, dont 80% étaient à destination de l'Asie. En prenant le contrôle physique du détroit, les Etats-Unis se doteraient d'un puissant levier face à leur rival chinois. Et même si elle semble irréaliste et plutôt relever de l'effet d'annonce, une telle taxe représenterait aussi une véritable manne financière pour Washington.
"Les Etats-Unis seront désormais désignés comme "LES GARDIENS DU DÉTROIT D'ORMUZ" ; à ce titre, et par souci d'EQUITÉ, ils seront remboursés, à hauteur de 20% de la valeur de toute cargaison transportée, pour couvrir les coûts nécessaires à la sécurisation de cette zone du monde particulièrement instable. La mise en oeuvre de ce dispositif débutera immédiatement", a indiqué Donald Trump, sans préciser ni les moyens d'actions ni les modalités d'exercice de cette taxe.
Le droit international, première victime de la guerre
L'argument a aussitôt été repris à son compte par Abbas Araqchi, ministre iranien des Affaires étrangères : "Le président américain a tout à fait raison. Quiconque assure un passage sûr et sécurisé aux navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré pour ce service", a-t-il déclaré. Rappelant que l'Iran avait toujours été le gardien du détroit et comptait bien le rester, il a assuré que "20%, c'est évidemment trop" et promis que la République islamique se montrerait plus équitable...
Rappelons que, selon le droit international, tous les navires jouissent d'un droit de transit dans un détroit international, un droit que même les États côtiers ne peuvent suspendre.
Mais il faut noter que, sous l'ère Trump, les Etats-Unis ne semblent plus faire grand cas du droit international. Hier, le secrétaire d'État Marco Rubio a par exemple lancé une vaste campagne visant à "neutraliser la menace que représente la Cour pénale internationale pour la souveraineté des États-Unis". Selon le responsable, "la CPI représente une menace intolérable pour la souveraineté des Etats-Unis : elle revendique le pouvoir de poursuivre, voire d'emprisonner, des militaires et des responsables américains agissant dans l'intérêt national des États-Unis".
Le secteur pétrolier se frotte les mains
Cette situation entraîne une flambée des cours du pétrole, avec un Brent à 86,6 USD le baril ( 4,3%) et un WTI à 80,4 USD ( 1,9%). La lutte entre Washington et Téhéran, qui revendiquent tous deux le contrôle du détroit et la mise en place de taxes sur les navires en transit, rappelle que certains analystes, en début d'année, redoutaient que la situation à Ormuz ne redevienne plus jamais ce qu'elle fut même une fois la guerre terminée... Un scénario que les marchés doivent prendre en compte.
Les valeurs pétrolières sont les premières à profiter de la confusion au Moyen-Orient, avec 2,8% pour Equinor, 2,3% pour BP, 2% pour Var Energi et Aker, ou encore 1,9% pour TotalEnergies, qui signe la meilleure performance du CAC 40.
Dans le reste de l'actualité des marchés, Mycronic s'adjuge 13% après ses résultats trimestriels, les ventes et la rentabilité ont nettement dépassé les attentes. Par ailleurs, Hapag-Lloyd gagne 6% après avoir relevé ses prévisions de résultats face à la hausse de la demande et des taux de fret.
En revanche, Ericsson (-8,1%) pâtit de la publication de ses résultats du deuxième trimestre 2026, qui font apparaître un recul de 6% du chiffre d'affaires et un bénéfice net en repli de 12%, affecté par la contraction des ventes. Enfin, Finnair (-6%) subit deux dégradations, OP Corporate Bank passant d'alléger à vendre, avec un objectif de cours toutefois relevé de 3 EUR à 3,60 EUR, tandis que Nordea Bank passe de conserver à vendre avec un objectif de cours de 3,80 EUR.
De nombreux catalyseurs à surveiller
Les échanges sont limités à Paris avec moins de 600 MEUR échangés depuis l'ouverture, des volumes caractéristiques des jours fériés.
Néanmoins, les intervenants devraient être attentifs au coup d'envoi de la saison des résultats outre-Atlantique avec, comme à l'accoutumée, les bancaires qui ouvriront le bal (JP Morgan, BofA, Goldman Sachs, Wells Fargo, Citigroup...).
Par ailleurs, les marchés prendront connaissance à 14h30 du taux d'inflation aux Etats-Unis, une mesure très suivie par les banques centrales dans le cadre de leur politique monétaire. En mai, l'inflation américaine avait atteint les 4,2%, les économistes anticipent un taux plus faible, de l'ordre de 3,8% pour le mois de juin.
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